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Concours champ-de-mars

Champs de mars, Montréal
Ce ruisselet est parfois sec...   

L’aménagement d’une nouvelle place aux abords de la station de métro Champ-de-Mars, rendu possible par le recouvrement de la tranchée de l’autoroute Ville-Marie et par la relocalisation des bretelles autoroutières, constitue un enjeu important pour la revitalisation du secteur. Poursuivre la séquence des lieux publics de l’axe est-ouest devient l’occasion de relier les voies de circulation naturelles entre le faubourg Saint-Laurent, au nord, et le Vieux-Montréal, au sud.

Le vide créé par la grande tranchée urbaine, et qu’il presse de recouvrir, appelle une réflexion sur le thème de l’appartenance et de la réappropriation des lieux de passage. Notre intervention vise non seulement une meilleure fonctionnalité des lieux, mais également une plus grande capacité à créer des interactions et échanges culturels.

L’inscription « This Rivulet is Sometimes Dry » (Ce ruisselet est parfois sec), qui apparaît au plan des fortifications de Montréal de 1758, a agit comme fil conducteur de notre réflexion. À l’image du lit « parfois asséché » du petit ruisseau Saint-Martin qui autrefois parcourait les lieux d’est en ouest, une allée flottante traverse le lot de part en part, assurant une relation visuelle et fonctionnelle entre l’édicule du métro, le Champ de Mars et l’hôtel de ville de Montréal. 

La courtepointe topographique qui borde cette allée est constituée de deux promontoires recouverts de surfaces minérales et végétales, créant une suite de plans secs et humides se déversant sous l’allée, dans de longs bassins de rétention. Ces plans inclinés, parfois recouverts d’un léger film d’eau, viennent rejoindre doucement le lit du ruisselet en récupérant l’eau de pluie, qui est ensuite déversée dans le système. Par temps sec, lorsque le lit du ruisseau s’assèche, le système se met en veilleuse. Cette place, parfois sèche, parfois aqueuse, incite non seulement aux déplacements à pied, mais également à une panoplie d’activités et de jeux d’eau.

À l’échelle urbaine, ce geste propose un parcours piétonnier qui dirige le flot de visiteurs vers l’avenue de l’Hôtel-de-Ville et le nouveau kiosque d’information, pour mener successivement vers le Champ de Mars, la Place Vauquelin et enfin, la Place Jacques-Cartier.  Dans la direction opposée, le point de vue  permet de mettre en valeur l’architecture du métro Champ-de-Mars et de sa verrière, réalisée par Marcelle Ferron. L’œuvre sera reflétée dans les bassins d’eau entourant la station, accentuant ainsi la beauté du verre et des couleurs de la composition.

Les deux espaces ouverts situés aux extrémités du site multiplient les usages potentiels de la nouvelle place. De plus, l’amélioration de la circulation, le renforcement de liens entre les quartiers et services périphériques, et la création d’un espace récréatif pour travailleurs et résidents ne manqueront pas de revitaliser le secteur.

Enfin, profitant au maximum de l’orientation plein sud proposé par l’axe de la diagonale divisant le lot, le site devient un havre urbain niché dans une vallée peu profonde qui isole les passants du vent et des irritants urbains, tout en laissant paraître à ses voisins sa douce silhouette ondulée.